Lettre du Général(2S) CAUBEL à M. FABIUS

Général (2ème S.) Pierre CAUBEL

à

M. Laurent FABIUS
Ministre des Affaires Étrangères


Parmain, le 11 octobre 2013

Monsieur le Ministre,

Je viens de trouver, sur ma boîte mail, le texte de cette lettre qui vous est adressée par un expéditeur « anonyme ». Son auteur a sans doute de bonnes raisons de garder l’anonymat. Aussi, comme je partage à 95% ce qui y a été exprimé, je veux bien la reprendre à mon nom :

Monsieur le Ministre,

Ces hommes mourant sur des civières ne sont pas des déportés à Buchenwald ou Mauthausen, et pourtant avec des milliers d’autres camarades ils ont rejoint la longue cohorte des ombres et des martyrs de l’Histoire, qui appellent à un « devoir de mémoire » éternel et à l’indignation la plus vive, car le crime ici est resté impuni !

Ces soldats français font partie des prisonniers, torturés et assassinés dans les camps du Général Giap en Indochine, plus de 30000 n’en reviendront pas ! Puis ce sera le tour des américains, des supplétifs indochinois, des minorités ethniques et de tous ceux qui refusant le joug communiste seront persécutés jusqu’à nos jours. Nguyen Giap vient de mourir à l’âge de 102 ans, et je doute que la paix sera facile à son âme !

Car si ce général vietnamien a marqué l’histoire de son pays pendant 40 ans luttant successivement contre les japonais, les français et les américains… Il fut aussi et surtout un chef militaire impitoyable sacrifiant ses hommes sans vergogne en cherchant à écraser par le nombre l’ennemi, comme à Dien bien Phu en 1954, où la victoire n’est obtenue qu’après trois mois de combat et un effectif 10 fois supérieur en nombre !

Mais si Giap est le vainqueur incontestable de Dien Bien Phu (aidé par les généraux chinois, des erreurs stratégiques françaises et un abandon politique des soldats français) il est aussi et surtout le criminel de guerre qui organisa des camps de prisonniers qui furent le théâtre d’un programme d’extermination qui arriva jusqu’à 72% de taux de mortalité !!!

Bien sûr il ne s’agit pas ici de refaire l’Histoire, ou de réclamer le prix du sang, ni même jubiler ou de sourire à la mort de ce vieillard de 102 ans, ce ne serait qu’une minable et facile expression d’un sentiment de vengeance incongru. Une page de l’histoire se tourne et il est important de s’en souvenir pour ne pas avoir à la relire une nouvelle fois.

Ceci aurait dû être le « fait divers » banal d’un écho d’un passé mourant à l’aube de ce nouveau siècle.

Mais voilà que vous, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, toute honte bue, léchant cupidement les pompes d’un pays émergent, faites l’éloge de cet assassin ! Chaque jour, votre indignation sélective nous mène à l’abreuvoir putride de la repentance communautariste, imposant votre vision partielle et donc partiale de l’Histoire.

Car cet éloge, qui est une injure aux victimes de Giap constitue bel et bien un nouvel acte de trahison intolérable digne des plus infâmes collaborateurs (mais il est vrai que la gauche avec Doriot, Darnand, Laval… a de l’expérience dans le domaine !)

Il y a un mois à peine, disparaissait Hélie Denoix de Saint Marc, résistant, déporté, ancien combattant d’Indochine et d’Algérie, écrivain humaniste de renom, Grand croix de la Légion d’Honneur. Cet homme, ce commandant de Légion, ce héros qui toute sa vie, sublima les souffrances vécues en leçons de sagesse et d’espérance… ce Français exemplaire, vous l’avez ignoré ! Méprisé ! Votre absence a brillé aux cérémonies officielles d’hommage qui lui ont été rendues.

Aujourd’hui j’ai honte de vous, de ce gouvernement de faquins et de cette France qui a oublié les chemins de la révolte et se laisse insulter et acheter par des criminels dont vous êtes les complices !

Je préciserai seulement que je suis un ancien d’Indochine, dans l’armée de l’air. L’avion que je pilotais a été abattu au-dessus de Dien-Bien-Phu par la DCA chinoise, quinze jours avant la chute de D. B. Phu. Je suis un ancien de la « longue marche » et du « Camp N°1″.

Vous êtes « Ministre de la République » et, conformément aux « valeurs de la République » si souvent exaltés par vos amis mais bien mises à mal par votre éloge à Giap, je suis tenu de vous adresser mes « respectueux sentiments ».

Sachez, cependant, qu’ils me restent un peu coincés dans le fond de la gorge.

Signé CAUBEL

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